Évolution des prix immobiliers en France de 2020 à 2026

Publié le 15 février 2026Mis à jour le 1 mars 202611 min de lecture

2020–2021 : le rebond post-Covid et la ruée vers l’immobilier

La crise sanitaire de 2020 a profondément modifié les comportements d’achat immobilier en France. Après un premier confinement qui a gelé le marché pendant plusieurs mois, la reprise a été fulgurante. Les taux d’intérêt historiquement bas (autour de 1 % sur 20 ans) et le désir de logements plus spacieux ont alimenté une demande record.

Les données DVF montrent que les prix ont progressé de 5 à 7 % en moyenne sur l’ensemble du territoire entre le second semestre 2020 et fin 2021. Les zones périurbaines et rurales ont connu les plus fortes hausses, portées par l’essor du télétravail. Des villes comme Angers, Tours ou Caen ont vu leurs prix augmenter de plus de 10 % en un an.

Cette période a également été marquée par un volume de transactions exceptionnel, dépassant le million de ventes annuelles. Le marché était clairement en faveur des vendeurs, avec des biens qui partaient en quelques jours et des surenchères fréquentes.

2022–2023 : le choc des taux d’intérêt

A partir de début 2022, la Banque Centrale Européenne a entamé un cycle de hausse des taux directeurs pour lutter contre l’inflation. Les taux des crédits immobiliers sont passés de 1 % à plus de 4 % en moins de 18 mois, réduisant drastiquement la capacité d’emprunt des ménages.

L’impact sur les volumes a été immédiat : le nombre de transactions a chuté de près de 20 % en 2023 par rapport à 2021. Les primo-accédants, particulièrement dépendants du crédit, ont été les premiers exclus du marché. Le nombre de prêts accordés a reculé de façon significative.

En revanche, les prix au m² ont résisté plus longtemps que prévu. Paris a connu une correction de l’ordre de 5 à 8 %, mais les grandes métropoles régionales (Lyon, Bordeaux, Toulouse) n’ont enregistré que des baisses modérées de 2 à 4 %. Les marchés tendus où la demande reste supérieure à l’offre ont mieux résisté.

2024–2025 : stabilisation et ajustement

L’année 2024 a marqué le début d’une stabilisation. Les taux d’intérêt se sont stabilisés autour de 3,5 à 4 %, et les acteurs du marché se sont adaptés à ce nouvel environnement. Les volumes de transactions, bien qu’inférieurs à 2021, ont cessé de baisser.

Les données DVF révèlent des trajectoires très différentes selon les territoires. Certaines métropoles attractives (Montpellier, Rennes, Nantes) ont retrouvé une dynamique de prix positive, tandis que d’autres marchés, notamment en grande banlieue parisienne, ont poursuivi leur correction.

Un phénomène notable est l’importance croissante du DPE dans les négociations. Les biens énergivores (classes F et G) subissent des décotes de plus en plus marquées, tandis que les logements rénovés et bien isolés se vendent plus rapidement et à meilleur prix.

Tendances 2026 : quelles perspectives ?

Début 2026, plusieurs signaux laissent entrevoir une reprise progressive du marché. La baisse attendue des taux directeurs pourrait redonner du pouvoir d’achat aux emprunteurs et relancer les volumes de transactions. Les métropoles les plus dynamiques pourraient connaître une nouvelle hausse des prix.

Le marché reste cependant structurellement contraint par le manque de logements neufs, la réglementation énergétique de plus en plus stricte et les difficultés d’accès au crédit pour les ménages modestes. La question de l’accessibilité au logement dans les grandes villes reste un défi majeur.

Pour suivre l’évolution des prix en temps réel dans votre commune ou votre département, consultez notre carte interactive ou nos pages d’analyse par commune, alimentées par les dernières données DVF disponibles.

Disparités régionales : les gagnants et les perdants

Depuis 2020, toutes les régions n’ont pas évolué de la même manière. Les grandes gagnantes sont les métropoles du sud et de l’ouest : Toulouse, Montpellier, Nantes et Rennes affichent des hausses cumulées de 15 à 25 % depuis 2020, portées par une attractivité démographique et économique soutenue.

Paris, en revanche, a vu ses prix reculer légèrement sur la période, passant d’un prix médian supérieur à 11 000 €/m² à environ 10 000 €/m². Cette correction a rendu la capitale légèrement plus accessible, même si elle reste de loin la ville la plus chère de France.

Lille et les grandes villes du Nord ont montré une belle résilience, avec des prix en hausse modérée mais régulière. Les données DVF montrent également un intérêt croissant pour les villes moyennes bien connectées, comme Angers, Limoges ou Poitiers, qui conjuguent qualité de vie et prix accessibles.

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